Du bla bla

Et puis voilà…

10/05/2018

J’ai souvent lus des récits de copines ou d’inconnus en colère contre leur corps,
Ce corps incapable de donner la vie,
Ces ovaires qui ne fonctionnent pas comme il le faudrait.

Et moi dans tout ça ?
Et mes ovaires ?
Et mon corps ?

Eh bien moi j’ai peur de les blesser…
Les blesser en leur avouant que j’ai le soucis inverse.
Ce petit tabou de l’hyper-fertilité.
Moi je ne souhaite plus donner la vie et pourtant mon corps ne m’écoute pas.

Je l’ai tellement répétée cette phrase,
« Je suis pour l’avortement mais pas sur moi, je n’en serais jamais capable »

Et pourtant c’est bien ce que j’ai dû faire.

Je m’en suis excusée auprès de Dieu,
Mais c’était une erreur,
Une erreur de m’imposer ça car je n’en ai pas eue la force.

Non,
Je n’en étais pas capable,
Ma vie est bien assez remplie avec mes 3 enfants,
Nous sortons a peine la tête de l’eau,
Mes fils commençaient à peine à dormir la nuit,
Et puis mon corps…
Lui n’était pas prêt.
Pas prêt a recommencer tout ça,
Physiquement ce n’était pas possible je le sentais.
NON.

Et mon mental ?
Lui non plus il ne pouvait pas.
J’aime mes 3 enfants plus que tout au monde,
Mais chaque jour je suis au max de mes capacités avec eux.
3 enfants en 20 mois c’est pas mal non ?

NON,
Pas encore,
Pas une grossesse,
Pas un nouveau né,
Pas un enfant de plus.

Je ne voulais pas.

Je voulais avoir le choix pour une fois.

Je maudis mon corps,
Je maudis mes ovaires.

J’ai rêvé et je rêve d’une ménopause.

Pourquoi ne pas juste avoir des ovaires simples ?
Un corps normal…
Ovuler comme tout le monde,
Accepter les modes de contraceptions du marché.

Ou est ce le marché qui devrait accepter les filles différentes ?
A ce jour, aucune solution ne me convient…
Les hormones me donnent des effets secondaires improbables,
(Stérilet, anneau vaginal, pilule…)
Je ne peux passer au cuivre car mes règles sont déjà (TRÈS TRÈS) hémorragiques,
Il ne me restait plus que suivre mes cycles…
Ouais c’est ce que j’ai fait.
Sauf que j’ovule plusieurs fois…
J’ai donc ovulé normalement.
Puis j’ai ovulé à nouveau 12 jours plus tard…
Pas 2 jours,
Pas 3…

12 !

Je suis de celles qui n’ont pas le droit à l’erreur.

Ne rien prendre pendant 2 ans et demi en pensant être stérile et tomber enceinte.
Le voir comme une bénédiction OK.
Se protéger après mais oublier 1 fois sur toute l’année,
Tomber enceinte de jumeaux !
(On s’était dit que nous aurions un autre enfant à la rentrée à l’école de notre fille alors on s’est dit « tant pis, c’est plus vite que prévu c’est tout »)
Se re protéger et surveiller au plus près ses cycles la boule au ventre en se disant qu’il faut que j’arrête d’être parano…
Et BIM.

NON.

Je ne pouvais pas.

Pardon la vie mais je ne t’ai pas suivie sur ce coup.
Mon « leit motiv » qui est « rien n’arrive au hasard » en a pris un coup.
La je ne voulais pas.

Et j’ai mal.
Psychologiquement évidemment.
J’ai pleuré a cette idée,
Celle de garder ce futur bébé comme celle de stopper cette aventure.
Aucune des 2 options n’avait de sens pour moi,
Aucune des 2 ne me réjouissaient…
Mais justement c’était bien ça le soucis.

Pleurer de tristesse et de haine à l’idée d’avoir un enfant,
Être en colère,
Le voir comme un désastre,
Ce n’est pas sain…

Mes mots sont peut être durs mais c’est ainsi que je l’ai vu.

Je ne doute pas de mon choix.
Mais j’ai  mal.

J’ai eu mal physiquement aussi.
J’ai écrit ces mots sur mon téléphone alors que je n’avais pris que la moitié des cachets,
La partie la plus soft du programme.
Et j’ai pleuré de l’intérieur.

J’avais l’impression qu’il fallait que ça fasse mal pour me montrer que ce que je vivais n’étais pas anodin.
Mais ce choix était le mien.
Le notre.

Mais il m’a tellement fait mal.

J’ai compris plus tard que cela venait de mon corps qui encore une fois n’acceptait pas la composition du dit cachet…

Après il y a eue l’étape plus hard le sur lendemain,
L’expulsion…

Et surtout l’après…
Le sang qui coule,
Chaque jour,
Chaque heure…
Et longtemps.

On m’avait dit que ce serait l’histoire de 15 jours tout au plus.

Ce fût l’histoire de 3 mois…
3 mois a ne penser qu’a ça.

Difficile d’aller de l’avant quand chaque jour ta culotte te le rappelle.

Et puis il y a eu les soucis de trop,
Un rendez vous en urgence,
Des mots posées sur certains de mes maux,
Un surplus de sang dans l’utérus.
Un curetage en urgence pour enfin dire stop.
En finir une fois pour toute.

Ma première anesthésie,
Des larmes encore,
Beaucoup…
Des larmes de colère et d’incompréhension. 

Je lui ai dit « Adieu »,
Il n’aura pas été une vie,
Mais il restera dans la mienne à jamais.
Comme une étape.
Une épreuve.
Car clairement on ne se remets pas comme ça.

Mais une étape qui m’aura montré à quel point j’aime ma vie ainsi.
A quel point j’aime mes 3 enfants,
Et que finalement ce sera surement le point final de la parentalité pour nous.

« Dieu éprouve ceux qu’il aime »
« Si Dieu te le fait vivre c’est qu’il sait que tu es capable de le surmonter »

Jésus,
Je ne suis pas certaine que ce choix soit accepté par tes compères,
Mais je vais le vivre ainsi,
Peut être que ceci m’aidera à grandir encore,
A me montrer à quel point j’ai de la chance d’avoir mes 3 enfants et que je peux m’arrêter là et profiter.

Mais le fond du problème reste.
Et celui ci me tord les boyaux d’avance…
A quand une contraception pour « les autres »?

La ligature n’est pas une option à même pas 30 ans.
Alors on fait comment ?
On souffre encore et encore en silence ?
On va pas me dire qu’en 2018 on est pas foutus de trouver une putain de solution !

Je te hais mon corps,
Je vous hais mes ovaires.
Je vous déteste autant que je vous remercie pour ce que vous avez accompli par le passé.

Mais je te hais lobby de la contraception.
Et le mot est faible.
Toi qui m’empêche de trouver une solution décente pour vivre sans la peur de tomber enceinte à chaque fois que je veux faire l’amour avec mon propre mari.

Alors voilà,
Il faut bien clore quelque part ce billet.

En 2017, j’ai avorté.
Cet acte si douloureux, si tabou, si marquant…
Je l’ai fait.

Je ne cherche pas de réconfort,
Encore moins de jugement,
Non vraiment je n’ai pas besoin d’être jugé.

Je voulais juste clore une partie de ce chapitre de ma vie.
Partager avec vous et vous montrer que non,
L’avortement n’est pas un acte anodin,
Non l’hyperfertilité n’est pas fun,
Que non, la contraception ce n’est pas pour tout le monde,
Que la surveillance des cycles c’est pas non plus du 100%.

Mon avortement n’a été abordé que dans ma sphère proche,
Très proche,
Et je me suis rendue compte à quel point cela est tabou.
A quel point on peut se sentir jugé en 1 regard,
En quelques mots assassins.

Et pourtant…
L’expression IVG de confort ne m’a jamais autant donnée envie de vomir que depuis que je l’ai vécu.
Je vous assure qu’il n’y a rien de confortable là dedans.

Si un jour dans votre entourage une personne avorte,
Ne vous dîtes pas que c’est anodin,
Gardez pour vous vos jugements,
Vous ne connaissez pas les conditions dans lesquelles c’est arrivé.
Et surtout,
SURTOUT !
Ne posez pas cette question si vicieuse qu’est
« Mais t’as pas de contraception ou quoi? »
Non vraiment, gardez là pour vous.

Et si vous, vous devez passer par là,
Je ne peux que vous envoyer toutes mes pensées.
Toutes mes bonnes ondes pour vous accompagner.
Nous avons le droit de choisir,
Et nous avons le droit de pleurer même si c’est un choix réfléchi.

Ce mois ci j’aurais dû accoucher.
J’aurais dû donner naissance à mon 4ème enfant.
j’ai suivi les grossesses de mon entourage avec les mêmes dates de terme en silence,
En me disant « ça aurait pu être moi »,
En ayant autant mal qu’en étant soulagée…
Pardon a ceux qui ne comprendront pas,
Mais je pense sincèrement avoir fait le plus difficile de toute ma vie,
Mais le bon choix.

Je n’ai pas choisi mon coprs,
Je n’ai pas choisi mes ovaires,
Je n’ai pas choisi ma contraception,
Mais j’ai choisi de ne pas continuer cette grossesse.

Maintenant, j’aimerais pouvoir choisir d’être sereine et trouver une solution de contraception adaptée.

Avec tout mon amour,
A demain pour des articles plus légers.
Oralie.

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